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RADIO-PHONIC: Ca
fait déjà douze ans que tu es sur FUN RADIO. Tu as un secret pour résister à la
"valse des animateurs"? MAX: Je n'ai aucun
secret. Faut pas oublier que sur ces douze ans, il y a deux années d'assistanat
et puis dix ans d'antenne avec quand même pas mal de formats différents. Je
suis passé par les nuits du week-end, de la semaine, des émissions de
"dance" en semaine, le "Fun live", la libre-antenne où
j'intervenais dans l'émission des filles (ndlr: Julia et Genie), donc ça s'est
fait comme ça. Il n'y a malheureusement pas de recette miracle comme on me le
demande à chaque fois. C'est un coup de bol. RADIO-PHONIC: Certains
animateurs de ton âge ont déjà eu une carrière bien remplie, en étant
animateurs sur différentes radios et se retrouvent directeurs d'antenne comme
Cauet ou Difool. Tu n'as pas su ou pas voulu suivre ce chemin? MAX: Mais eux ils ont
été contraints de monter ou de bouger trop vite. C'est vrai qu'il y en a qui
ont soif, qui ont envie. Peut-être que Cauet était à l'époque comme Arthur,
quelqu'un qui voulait réussir vite et avoir beaucoup. Ce qui n'a jamais été mon
cas, ce n'est pas ma philosophie, c'est une façon de penser qui vient de mon
éducation. Cauet n'est d'ailleurs pas un bon exemple parce que s'il est allé
sur SKYROCK, c'est suite à des problèmes sur FUN. Ce n'était pas vraiment un
souhait de sa part. Pour son départ de SKYROCK pour NRJ c'est pareil. RADIO-PHONIC: Tu
as assisté des directeurs de programmes pourtant? MAX: Oui, Caroline
DAVIGNY et un peu Hervé LEMAIRE. Je le faisais à mi-temps comme ça pour le fun
et pour faire avancer un peu le schmilbrick, pour la musique électronique et
pour le rock au départ. RADIO-PHONIC: Tu
peux nous rappeler tes débuts à la radio? MAX: Je suis arrivé à
FUN RADIO en novembre 1988, première émission en juin 1989, je me suis fait
virer en novembre. J'ai ensuite travaillé trois mois pour une radio régionale
dans le Jura. Je suis revenu à FUN en tant qu'assistant de BILL. J'avais
travaillé pour DJOOVY également, qui est l'ancien directeur d'antenne d'RTL 2.
Et puis ensuite les nuits de FUN, la création du "Fun mastermix",
"Fun masterdance" en semaine où je réalisais et mixais en direct.
Après il y a eu le "Fun live" et l'histoire que l'on connaît:
"lovin'Fun", "les filles", les nuits... RADIO-PHONIC:
Comment est né le concept de libre antenne et du Star-system? MAX: Ça m'est venu
normalement. Rien n'a été calculé, ni le personnage, ni l'émission. Il y a eu
l'émission des filles. Elles avaient besoin d'un réalisateur et j'ai accepté de
le faire parce que je m'entendais bien avec elles et que ça m'amusait. Il
n'était pas question pour moi de rester dans l'émission des filles. On avait
créé ce personnage, MAX, qui devait durer un mois. Il a plu, il est resté dedans.
La direction savait peut-être que j'avais des capacités et des qualités pour
faire un truc trash et rentre dedans. C'était bien à la mode à l'époque. Ils
m'ont donc donné le créneau 1h-3h que j'ai finalement explosé. Je me suis dit
que j'aimais vraiment faire de la libre antenne et faire le con plus que dans
l'émission des filles où nous étions trois à nous partager l'antenne. Et comme
j'aime bien parler, c'était un peu compliqué. RADIO-PHONIC: Il y
a une sorte de "phénomène Max" quand on voit tous les sites internet
qui te sont consacrés... MAX: Je m'en fous un
peu même si ça me fait plaisir. Je gère mon site (ndlr: www.star-system.org)
tant bien que mal et après, ce que font les autres... Ça va être un peu dur
pour eux, mais généralement c'est pas très bien fait, c'est pas très suivi, il
y a du retard. J'ai encore vu récemment un site "anti-SKYROCK" avec
des trucs positifs pour moi, donc si tu veux... J'ai proposé à un auditeur de
gérer mon site. J'avais fait une annonce à l'antenne et quelqu'un l'a fait.
Aujourd'hui il le gère avec une autre personne. RADIO-PHONIC: En
terme d'audience, comment se situe ton émission? Qui est premier? Difool ou
toi? MAX: C'est pas très
compliqué. Quand il commençait à 21h et moi à 22h, je repassais devant tout de
suite et j'explosais tout. Lorsque je suis passé au matin et qu'ensuite je suis
revenu le soir, là ça m'a fait du mal. Mais je ne suis pas non plus en train de
courir après les chiffres. Si Difool fonctionne mieux le soir c'est parce que
la radio est complètement axée sur lui du matin au soir, la promo aussi, de A à
Z. RADIO-PHONIC: Toi
qui a connu pas mal de formats sur FUN, tu n'as pas de regrets de "la
grande époque"? MAX: Alors franchement
non. RADIO-PHONIC: Et
au niveau de la programmation. Il n'y en a pas une que tu préfères? MAX: Je m'en contre
foutais de la programmation, même à l'époque où c'était soit-disant "grunge".
RADIO-PHONIC: Il y
a bien un style que tu écoutes? MAX: Ouais, c'est ce
que je passe le soir depuis toujours. Je n'ai pas attendu qu'il y ait un
changement "groove-dance" ou Stardust à la place de Céline Dion, ou
le soit-disant "je suis branché, je me fais Offspring, Nadasurf et
Nirvana". Les gens qui se sont dit être rebelles à la radio n'y
connaissaient foutre ment rien en musique. Ils ne s'y connaissent pas plus
aujourd'hui. Ils se sont mis à aimer Nirvana parce que ça allait marcher et que
ça allait plaire. Moi j'écoutais AC/DC quand j'étais gamin, aujourd'hui j'aime
bien la techno. Je suis allé dans toutes les directions, de Brel à AC/DC. RADIO-PHONIC:
Comment ça se passe entre toi et Difool?
MAX: On s'est titillé
un peu sur l'antenne. Je pense que ce n'était pas une envie de sa part ni de la
mienne. C'étaient surtout les auditeurs qui venaient me raconter ce qu'il avait
pu dire sur moi ou qui allaient lui rapporter ce que je pouvais répondre. Mais
malheureusement nous sommes sur deux radios qui sont en constante compétition,
un peu moins aujourd'hui avec les formats. En compétition parce que nous étions
les deux emblèmes de FUN RADIO, en compétition par l'horaire, c'est pour ça
qu'on m'a demandé de passer à 21h, pour entrer en concurrence avec David. RADIO-PHONIC: Tu
es en bon terme avec lui? MAX: Ni en bon, ni en
mauvais, on ne se parle pas, on ne se voit pas, on ne se connaît pas. Ce qu'il
fait c'est pas ma came, je vais être honnête. Il est très fort pour parler aux
gens comme il le faisait dans "Lovin'Fun" avec des sujets qui
touchent les gens. Je sais un peu mieux le faire aujourd'hui, mais je suis
moins fort là-dessus. Autant je ne pense pas qu'il soit très fort pour faire rire
les gens. RADIO-PHONIC: Que
penses-tu des autres animateurs du soir, MAURICE par exemple? MAX: Avec Maurice on
s'entendait bien. J'avais fait "Vaurice", avec un "V" comme
"VTT", qui était plus un hommage qu'une moquerie parce que moi j'ai
besoin de rire. Contrairement aux "guignols", quand je fais un truc
comme ça, c'est pour des gens que j'aime bien. Lui je le trouvais sympa, je
l'aime bien, je trouve qu'il a une forte personnalité à la radio. Elle est ce
qu'elle est, par contre le contenu est un peu dérangeant. C'est quelqu'un qui
n'est pas bête, qui a fait des études, qui sait manipuler les gens. Moi j'aime
bien, ça me fait marrer, je trouve ça fort. Comme c'est de la radio, je trouve
ça sympa. RADIO-PHONIC:
Comment se passe la préparation de ton émission? MAX: Préparation de
l'émission, même s'il n'y a pas grand chose, il y a quand même le répondeur à
éplucher avec 300 à 1 000 messages par jour. Il y a des gens intéressants qu'il
faut rappeler, ça prend un peu de temps, parfois il y a du montage. Il y a Manu
et Fildar au standard le soir pendant l'émission. Mon assistante est là dans la
journée, elle s'occupe des relations avec les maisons de disques, les cadeaux,
etc... RADIO-PHONIC: Tu
peux nous rappeler comment est arrivé Gérard dans l'émission? MAX: Un auditeur de la
nuit qui m'a appelé pour lire des poèmes à deux francs, complètement disjoncté
et sous l'alcool. C'est ce que j'aime dans ces gens là et c'est pour ça
peut-être aussi que l'émission dure et c'est pour ça qu'elle fonctionne. C'est
à dire que j'essaie d'être le plus sincère possible à l'antenne, j'ai pas de
langue de bois, je fais attention par moments, je suis peut-être un peu plus
calme qu'avant, je dis moins de méchancetés. Je dis ce que je pense et ces
gens-là aussi, ils sont comme ils sont, je les prends sur l'antenne pour les
mettre en valeur avec leurs défauts. RADIO-PHONIC: La
critique qu'on te faisait, c'est qu'il y avait un côté malsain là-dedans... MAX: Ouais, mais ces
gens-là étaient une minorité. Si Gérard voulait partir, il partait. Je lui ai
dit en face qu'on se foutait de sa gueule et qu'on l'utilisait, il ne croyait
pas que ça se passait comme ça. Mais c'est pas méchant, je sais que les gens
ont besoin de ça de l'autre côté de la radio et qu'il y a un public pour ça. A
ce moment là, une chose est sûre, c'est qu'à l'antenne ça me faisait poiler, ça
faisait parler les gens, lui était heureux et le standard explosait. RADIO-PHONIC: En
fait tu l'as bien aidé Gérard... MAX: Bien sûr. Il le
dit lui-même et pas pour me faire plaisir. J'ai vu dans quel état il était, et
il ne serait sans doute plus là avec nous aujourd'hui. C'est un mec qui était
dans le caniveau, il n'avait plus rien, plus de papiers, plus d'argent. On lui
a tout refait. On lui a entre autre trouvé une nana. Aujourd'hui c'est un mec
qui est propre sur lui. Je lui ai fait des soirées, il a gagné du blé, il a
signé des contrats. RADIO-PHONIC:
As-tu l'impression que ton émission apporte quelque chose aux auditeurs ou
c'est la grosse déconne? MAX: Eux me disent que
oui, mais moi je pense que non. MAX: Non parce que
j'ai été contacté par plein de gens. J'ai été assez surpris. Donc l'étiquette
FUN je ne l'ai pas. Les gens ne font pas attention à ça. Et il y a un truc qui
m'a scotché dans le milieu de la télé par exemple, il y en a qui ne savent
toujours pas que Difool est sur SKYROCK, c'est pour te dire à quel point ils ne
font pas attention et qu'il n'y a pas d'étiquettes. Ils ne savent même pas
l'audience que je fais. Ils entendent parler d'un Max - j'ai été contacté par
TF1 et FRANCE 2 - mais quand je leur demande s'ils ont écouté, ils en ont
seulement entendu parler par leurs gamins ou des assistants qui m'écoutent. Je
leur dirais que je suis leader avec plus d'un million d'auditeurs, ils me
croiraient sans vérifier ! RADIO-PHONIC: Et
pour les auditeurs? MAX: Je ne pense pas
que je penserais à eux à ce moment là. Franchement non. Dans la vie pour être
heureux il faut être égoïste, il faut d'abord être bien dans sa peau. Si un
jour je dois partir, il y aura un gros noyau dur qui me suivra, et ce sera à
moi de prouver que ce sera tout aussi bien ailleurs. Et si je vais ailleurs ce
sera pour faire quelque chose d'un peu différent. Ceci dit, je vais peut-être
rester ici à faire le con jusqu'à 40 ans, j'en sais rien. RADIO-PHONIC:
Comment t'es venu ce pseudo? MAX: C'est parce qu'au
début je ne devais rester que quinze jours ou trois semaines pour réaliser
l'émission des filles. Au début d'ailleurs on entendait parler un mec de loin,
je ne voulais pas qu'on dise que c'était moi en tant qu'Alvin (ndlr: Alvin
était l'ancien pseudo de Franck à l'antenne). Et puis les auditeurs ont
commencé à demander qui j'étais. Les filles m'ont dit que ce serait bien
d'avoir un pseudo et c'est Génie qui a trouvé Max parce qu'elle aimait bien.
Quand j'ai arrêté les émissions musicales, on a gardé Max. RADIO-PHONIC: Tu
ne serais pas un peu schizophrène? MAX: Oui il parait.
Dans toutes les interviews on me dit ça. C'est marrant parce qu'à chaque fois
on en arrive à ce mot. Je pense que nous avons tous deux personnes en nous.
Depuis tout gamin j'ai toujours fait le con, je racontais des blagues, je
faisais des canulars, toujours bon esprit, je faisais marrer les gens.
Aujourd'hui je concentre tout ce que je pourrais éparpiller tout au long d'une
journée, dans trois heures d'émission. Mais c'est un personnage. Max est joué
par Franck. Et dans Franck il y a du Max. C'est compliqué, ce sont deux
personnages. Et un jour vous apprendrez que Franck n'est pas mon vrai prénom
(rires). Mais je ne me comprends pas moi-même. Franchement il y a des fois, je
me dis que je suis taré ! RADIO-PHONIC:
C'est de la comédie, du théâtre? MAX: On m'a souvent
demandé si j'avais fait du théâtre, c'est vrai que ça me branche bien. De toute
façon, du théâtre j'en fais tous les soirs. Si un auditeur m'appelle parce
qu'il a un problème et qu'il m'appelle Max, je pense quand même en tant que
Franck, même si c'est Max qui parle. Par contre lorsque je vais dans l'excès et
que je fais des canulars, là c'est du personnage Max que j'aime bien, c'est le
côté théâtre. Dans la vie je serais incapable de le faire, j'aurais trop honte
! RADIO-PHONIC:
Quels sont tes goûts en matière de radio? MAX: NRJ j'aime pas la
musique. SKYROCK c'est pas ma came, musicalement je suis pas fan de rap au
point d'en écouter toute la journée. En fait j'écoute surtout FRANCE INFO, RTL
et CHERIE FM. Ça l'fait pas, hein? C'est décevant? Je n'écoute pas les radios
locales lorsque je vais en région, ça ne m'intéresse pas. Non pas que je ne
pense qu'à moi, mais j'ai tellement encore l'impression d'être dans ce métier
par hasard et de ne pas mériter ce que j'ai. RADIO-PHONIC:
Parce que tu voulais faire quoi au départ? MAX: Je voulais être
ingénieur du son. Je voulais être plus derrière que devant le micro. C'est pour
ça qu'aujourd'hui encore, dans les soirées j'ai beaucoup de mal à aller mixer
et à parler devant pas mal de gens, alors qu'au moins dans le studio je suis
seul. Le fait aussi par exemple de ne pas vouloir me laisser photographier. RADIO-PHONIC:
Pourquoi? Alors qu'on peut voir ton visage à la télé? MAX: Je communique
pour la radio et la radio ça s'écoute, alors que la télé ça se regarde. RADIO-PHONIC: Ça
t'es arrivé de rencontrer des auditrices? MAX: Oui bien sûr.
J'en ai rencontré beaucoup. Il y en a même deux, trois qui sont devenues de
véritables amies et qui maintenant font vraiment partie de mon cercle d'amis. RADIO-PHONIC: Et
tu as de bons amis dans le milieu de la radio? MAX: Fildar et Manu.
Il y a des gens que j'apprécie mais qui ne sont pas forcément animateurs, ils
sont soit directeurs soit producteurs, mais je n'ai pas de super copains. J'ai
eu un très bon ami, Maître Lévy, malheureusement on s'est perdu de vue c'est
regrettable (ndlr: depuis, Manu Lévy est revenu sur Fun). Je m'entends bien
avec Maurad de RIRE & CHANSONS, Génie, Julia. Celle avec qui je m'entends
le mieux c'est Génie, c'est elle que je fréquente le plus aujourd'hui. RADIO-PHONIC:
Quels sont tes goûts musicaux? Propos recueillis par: Zack MOULLEC, Mickaël ROIX, Jérôme ROMAIN, Noëmie… …merci à eux ___________________________________________________________________________ Comment Max est-il né? MAX: Au tout départ, le personnage Max ne devait exister, ça s'est fait par hasard. Il y avait ces 2 filles, Génie et Julia qui animaient une émission à 22h00 et qui n'avaient pas de réalisateurs. Moi, je reprenais à 00h00 et je leur ai proposé mes services. Au début, j'intervenais très peu dans l'émission, je sortais des petites conneries de temps en temps quand je le sentais, je n'avais même pas de nom. Et puis, ce qui s'est passé c'est qu'à force d'intervenir, ça plaisait de plus en plus aux gens. Nous avons crée Max.(NDLR: c'est Génie qui a souhaité ce nom car c'est le nom qu'elle voulait donner à son premier enfant).On ne disait pas qui j'étais ( c'est à dire Alvin), ce que je faisais, par où j'étais venu. Petit à petit, je me suis forgé sa personnalité en intervenant de plus en plus souvent, jusqu'au moment où l'on m'a demandé de faire une émission tout seul la nuit. Quelle est la différence entre ta personnalité et celle de Max? MAX: Ce que je suis à l'antenne, c'est ce que j'étais quand je suis arrivé chez Fun il y a 5 ans (NDRL: 7 ans en fait): dans les locaux j'étais comme ça . Dès que j'arrivais devant un micro, impossible de pouvoir le faire. Je ne me sentais pas à l'aise, pas sûr de moi. Et puis un jour, il y a eu le déclic. Par contre les délires que je faisais à l'antenne, quand je faisais l'Extra-Terrestre par exemple, il est évident que je ne me les tape pas dans le couloir! En réalité, je suis plutôt discret,timide et réservé...alors qu'à l'antenne!!... Qu'est ce que Max t'apporte? MAX: La possibilité de faire enfin ce que j'avais envie de faire. Pour l'instant ça marche ,mais combien de temps ça durera? Ce dont j'ai envie aussi c'est de faire découvrir des styles de musique: des trucs qui existent depuis longtemps et qu'on entend peu comme Dead Can Dance ou Cocteau Twins, mais aussi des nouveaux styles: de la Trance techno à la Jungle. J'ai une certaine liberté de programmation et ça c'est bien. Comment expliques-tu le succès de Max? MAX: Je ne sais pas, on me dit souvent que je suis naturel, que je parle avec les gens. c'est vrai que je n'ai pas peur de m'attarder, parfois 20 minutes avec un auditeur. Mais ce qu'ils aiment bien je crois, c'est quand je me mets à pèter les plombs tout seul! Alors comment se passe une émission vue de l'intérieur? MAX: Etant donné que ce sont les auditeurs qui font la libre antenne à 100%, j'arrive, je me pose sur ma chaise, j'attends que le premier prénom me tombe dessus et j'attaque direct. Durant les pauses musicales, on en profite généralement pour discuter un peu de ce qui ne va pas. Parfois, il y a des coups de gueule! C'est Génie qui va me faire un reproche quand elle trouve que j'ai été un peu sec à l'antenne. Passé minuit, je me retrouve carrément dans le noir, tout seul. Là, c'est l'ambiance de la nuit jusqu'à parfois trois heures du matin si je suis en forme et si les auditeurs le sont aussi de leur côté! Un conseil à ceux qui voudraient faire de la radio? MAX: Je pense qu'il faut y aller au culot. Pour te donner un exemple bien précis, mon réalisateur Slash est un auditeur, ma standardiste Rafaela n'a fait aucune école. Ce qui compte finalement, c'est le contact, le feeling. Tous les gens qui m'entourent (et sans lesquels Max n'existerait pas) sont des auditeurs! _________________________________________________________________________________________________ XL: Tu ne veux pas montrer ta tête sur nos photos. Tu peux te décrire? Max: (Il réfléchit) Je dirais: brun, cheveux longs, frisé, yeux bleu turquoise, 1m70, très costaud. Et un point très important, je porte des Converse, 365 jours par an. J'en suis fou! J'en ai 17 paires de couleurs différentes, certaines importées des Etats-Unis, ça ne rigole pas. Le Mystère autour de ton physique, c'est voulu? Non. Le Star-system qu'on a monté à Fun , c'est du second degré. Si on veut me voir, il n'y a qu'a venir à la station quand je sors. A l'antenne, c'est le jeu du vrai-faux. Je suis sincère quand on me pose des questions sur la vie quotidienne, sur une question bien précise, sentimentale ou sexuelle. Ou quand on me demande mon point de vue. Quand je délire, que je me mets à casser, à avoir de la repartie, je ne me force pas, je suis comme ça dans la vie. Ce n'était pas très bien vu au départ, il y a 3 ans, mais maintenant, c'est entré dans la tête des auditeurs. Du coup, y en a qui t'agressent... Je suis loin d'être vexé quand on me sort à l'antenne:" Je t'ai vu devant la radio, t'es pas bien !" C'est la règle du jeu. Mais je ne me laisse pas faire. Je ne vais pas rester là comme un con à écouter l'auditeur en le respectant, ni le laisser dire: " T'as vu, là je te casse, t'es vexé !" Je réponds à tout ce qu'on me dit et ça s'appelle un discussion. C'est ça la Libre-Antenne. Pourtant à l'époque de Chela Ouate, l'émission du DOC, on te voyait? C'était autre chose, il n'y avait pas de raison que je joue le même jeu qu'à la radio. Ce qui était chiant, c'est que je ne pouvais pas faire ce que je voulais. J'aurais bien aimé faire le con avec les 700 personnes qui étaient là, être rentre-dedans, aborder des sujets plus jeunes comme la techno , la drogue... Si je devais faire de la télé, je souhaiterais que mon personnage soit en relation directe avec celui de la radio. Ou peut-être faire de la télé sans qu'on me voit. T'as des projets alors? A force de fréquenter Difool, Arthur et Baffie, je commence à avoir des idées. Pas envie d'argent ou de célébrité. Ca ne me branche pas. J'ai rencontré des gens importants, je leur ai dit:" Si vous me proposez ça , c'est non". Genre une rubrique littéraire. Je me verrais bien comme Ray Cokes sur MTV: prendre des mecs au téléphone et les faire venir en direct sur le plateau. Ou commander un pizza en direct. Qu'est ce que tu regardes à la télé? La mire. J'ai pas le câble, ni Canal. Je regarde mes vidéos, je suis fan de Sacha Guitry, inconditionnel de De Funès, taré de Mr Bean. Et j'adore les Monty Python. Je me fais envoyer des cassettes de Londres. Qui d'autres te fait rire? J'adore les Nuls, les Inconnus, Coluche, Desproges, Devos, Bedos, Elie et Dieudonné?. J'aime moins Muriel Robin. Tu t'entends avec tes rivaux comme Maurice? |